30 janvier 2006

Lettre ouverte ...

Lettre ouverte d’un chirurgien-dentiste à ses patients – jean claude michel –21.04.2005 1

CONFERENCE DE PRESSE
Jean-claude Michel – Président de la CNSD - jeudi 21 avril 2005

Votre sourire est capital, préserver votre santé en améliorant votre santé bucco-dentaire est la priorité de votre chirurgien-dentiste.
Depuis plusieurs dizaines d’années, les chirurgiens-dentistes ont fait des efforts importants pour améliorer la qualité de leurs soins :
- attentifs à votre bien être, ils ont pris en compte la douleur
- ils participent à l’amélioration de votre santé et contribuent ainsi à l’allongement de la durée de vie
- ils ont la volonté de faire évoluer leur pratique en s’engageant sur la voie d’avenir qu’est la prévention.

Vous avez pu constater les efforts particuliers de notre Profession :

- en matière de formation initiale et continue pour rester compétents,
- pour améliorer le plateau technique et la formation de notre personnel afin que le cabinet dentaire soit un lieu d’une très grande sécurité,
- dans le domaine de la prévention pour éviter le recours à des soins plus lourds et plus coûteux pour le patient comme pour la collectivité,
- pour des soins de qualité avec des matériaux modernes et fiables, afin que vous conserviez vos dents et votre sourire,
- et enfin, par l’information que nous vous devons afin de respecter le contrat de soins et conserver votre confiance.

Tous ces efforts n’ont qu’un seul but : préserver votre santé et votre sourire.

Mais cet engagement au service de la qualité pour vos soins entraîne, pour votre chirurgien-dentiste, des coûts importants souvent trop méconnus.
Parmi ces soins, il convient de distinguer les soins de base dits conservateurs, de prévention ou chirurgicaux (extractions), ceux-ci sont fixés par des tarifs imposés aux chirurgiens-dentistes par la Sécurité Sociale.

Depuis 32 ans ces soins n’ont pas évolués en France, et ceci sans tenir compte de l’augmentation constante de nos charges d’exercice, ni de l’amélioration des techniques et des équipements de nos cabinets.

Ces soins conservateurs sont les moins chers d’Europe.

À titre d’exemples, le montant des honoraires pour :
• le traitement d’une simple carie en France est d’à peine 15 € alors qu’il avoisine les 30 € en Allemagne et les 44 € en Espagne
• de même pour une extraction : 20.90 € en France (anesthésie locale, plateau technique sûr et responsabilité comprises) alors qu’elle est à 32 € en Grande-Bretagne.

Personne ne déplore cette situation, sauf ceux qui pratiquent ces soins. Pourquoi ?

Parce que ces soins représentent les 2/3 du temps de travail de votre chirurgien-dentiste et qu’en acceptant leurs tarifs, il dispense ces soins de très grande qualité aujourd’hui à perte compte tenu de ses charges d’exercice et de frais de cabinet.

Quel que soit son désir de remplir au mieux sa mission de praticien au service de ses patients, il arrive un moment où l’économie domine la plus noble des vocations et la plus forte des volontés.

Les dangers de cette sous revalorisation des soins de base sont évidents :
- que tous les assurés sociaux, et en particulier les plus défavorisés, ne puissent avoir un même accès à des soins de qualité par la création d’une chirurgie dentaire à deux vitesses, situation que la CNSD et l’ensemble de ses adhérents ne peuvent et ne veulent en aucun cas accepter
- une perte d’attrait pour le métier de chirurgien-dentiste : chaque année, plus de la moitié des jeunes diplômés déjà en nombre insuffisant, ne s’installe plus en exercice libéral. Alors que notre profession aurait besoin d’une relève importante vu le nombre de chirurgiens-dentistes qui vont partir en retraite, le plus souvent désabusés, en fermant purement
et simplement leur cabinet dentaire.
Ainsi, il faut le dire, certaines régions seront malheureusement bientôt en manque de chirurgiens dentistes !

Ces prévisions ont été clairement exposées, aux responsables politiques et gestionnaires de votre Santé, malheureusement sans réponse de leur part.
C’est la raison pour laquelle nous, chirurgiens-dentistes, acteurs de Santé Publique responsables, nous avons le devoir de vous informer de cette situation de crise.
Nous voulons maintenir nos cabinets dentaires proches de chacun d’entre vous pour continuer à répondre à notre première mission de soignants qui consiste à développer la prévention pour tous les âges, et à prévenir les maladies les plus graves en soignant vos dents pour les conserver toute votre vie.
Mais, vous devez comprendre que cela ne sera possible qu’avec des tarifs adaptés à la réalité des coûts existants.
Avec nous, vous devez vous faire entendre pour préserver votre sourire :
les soins précoces conservateurs doivent être impérativement valorisés pour répondre à une simple mais impérieuse exigence de Santé Publique.
C’est votre dernière chance pour conserver votre chirurgien- dentiste traitant et améliorer votre santé dentaire en bénéficiant des nouvelles techniques de soins en totale sécurité.


Docteur Jean Claude Michel
Président de la Confédération Nationale des Syndicats Dentaires

3 commentaires:

Anonyme a dit…

en effet que d' efforts particuliers" de la CNSD pour obtenir si peu et si mal. L'UJCD ne faisant pas mieux. Et à nous chirdent de se dépatouller avec les patients. Parfois je me demande à quoi servent toutes ces cotisations que je verse depuis 37 ans, puisque c'est de mal en pire.

Anonyme a dit…

je trouve que citer ces propos issus d'un dirigeant de la CNSD reflete le malaise dans notre profession ! double language, hypocrisie, domination de la volonté de diviser pour regner. Nous sommes conscients de la non représentativité des syndicats et avons pu constater leur totale inefficacité, alors pourquoi maintenant utiliser ces propos ? discours lénifiant de politique sournois élevé au petit lait de l'"ENA"rchie à la française. Je crains malheureusement qu'il n'y ait pas d'avenir serein.

Regu a dit…

Et oui, citer ces propos peut effectivement préter à confusion. Je ne suis à aucun syndicat car je ne crois pas en eux. Mais les citer c'est pour susciter vos réactions, et le but est atteint.